BERLIN 2010 |
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Nous venons de rentrer de BERLIN après un voyage de 5 jours, très intéressant, mais assez fatiguant. Coté fatigue, nous étions déjà parti avec un handicap puisqu’à cause de l’horaire matinal de l’avion pour BERLIN, nous avions rendez-vous à 4h30 à la porte d’Orléans avec l’autocar qui nous emmenait à l’aéroport. A peine quelques heures de sommeil, ou plus exactement de repos, avant le départ. Dés notre arrivée à l’aéroport de BERLIN TEGEL, un autocar nous attendait avec notre guide pour un tour panoramique de la ville. C’était difficile de ne pas s’endormir malgré l’intérêt de la visite et les commentaires captivants de notre guide, DORIT, une élégante septuagénaire aux multiples talents. Son talent d’actrice au théâtre n’avait rien à envier à celui de chanteuse à l’opéra. Parfois, quand elle sentait notre attention se relâcher elle se plaisait à nous chanter des chansons dont la plus était la célèbre « Lily Marlene ». Je reconnais, à mon grand regret, m’être assoupi à plusieurs reprises. Dès le début de la visite j’étais tout de suite sous le charme de cette ville. Plus étendue que PARIS et deux fois moins peuplée, BERLIN est une ville plus paisible et beaucoup moins stressante. La circulation y est assez fluide, principalement à cause de la discipline et de l’esprit civique purement germanique des automobilistes. Pendant la visite de la ville, nous passions alternativement des quartiers auparavant à « l’Ouest » à ceux auparavant à « l’Est ». J’étais fasciné et parfois envouté par l’architecture des bâtiments chargés d’histoire datant du XVIIe siècle. Bizarrement, les quartiers qui défilaient devant mes yeux me paraissaient parfois presque familiers, comme si tout ce que j’avais lu dans le passé sur les événements marquants de cette ville ressurgissait inconsciemment dans ma mémoire. L’opéra de BERLIN, le REICHSTAG (maintenant le BUNDESTAG), la porte de BRANDEBOURG, le quartier de la Friedrichstraße ont été les éléments les plus marquants de la visite panoramique de la ville. La fin de la journée, consacrée à une promenade en bateau sur les canaux de la SPREE avait été très reposante. Cette promenade en bateau de la gare Friedrichstraße au port du Reichstag, qui clôturait ce premier jour de visite, mettait en valeur l’architecture des bâtiments du XVIIe siècle qui font le charme de BERLIN. L’installation à notre hôtel qui a suivi fut appréciée par tout le monde. L’hôtel était confortable et le diner très agréable. Le lendemain après un solide petit déjeuner nous avons pris la route pour le château de CHARLOTTENBURG, résidence d’été des grands Electeurs de BRANDEBOURG, puis des rois de PRUSSE. Très abimé par les bombardements lors de la dernière guerre, le château avait fait l’objet d’une restauration minutieuse. Heureusement, toutes les œuvres d’art et le mobilier de style baroque du château avait été mis à l’abri au début de la guerre ce qui avait permis d’empêcher leur destruction pendant le bombardement. Cela nous a permis de faire une très belle visite du château suivi d’une agréable promenade dans le jardin qui alliait merveilleusement la rectitude d’un jardin baroque à la française à la légèreté d’un parc à l’anglaise. Apres une rapide visite du quartier des Granges /Scheunenviertel caractéristique de l’habitat berlinois du début du siècle et de l’Ile aux Musées /Museumsissel, l’après midi fut principalement consacré à la visite du Pergamon Museum. Dés que je suis entré dans le musée, j’ai été immédiatement époustouflé par le gigantisme du spectaculaire autel de Pergame et des autres ensembles hellénistiques monumentaux dont j’ai oublié le nom. Paradoxalement, j’étais également saisi d’effroi en pensant au pillage insensé de sites archéologiques grandioses qui avait permis de remplir le musée de tant de merveilles. J’avais du mal à imaginer comment on avait pu déplacer des façades entières de ces ensembles monumentaux dans le simple but de pouvoir les admirer dans le musée de BERLIN. J’ai quitté le musée avec un sentiment indéfinissable et désagréable qui mélangeait à la fois le plaisir d’avoir admiré toutes ces merveilles du passé et le dégout d’avoir assisté au résultat d’un véritable pillage de site archéologique. Le lendemain matin nous avons poursuivi notre visite guidées de BERLIN sur le thème de la chute du mur. Cela a été pour moi la partie la plus troublante de notre séjour à BERLIN. En parcourant le mur (ou tout au moins ce qu’il en restait) de la gare du Nord à la porte de Brandebourg, je ne pouvais pas m’empêcher de penser à la vision d’effroi qu’avaient eu les Berlinois en se réveillant le matin du 13 Août 1961 : le réseau de barbelé qui séparait désormais les secteurs occidentaux et soviétiques, les 25000 miliciens postés à la frontière, les transports en commun interrompus, les chars de l’Armée Rouge contrôlant les axes stratégiques. Cette opération, baptisée « Muraille de Chine » qui avait été décidée par Walter Ulbricht et Erich Honecker visait à endiguer l’exode des ressortissants de la RDA vers la RFA. Il aura fallu attendre la nuit du 9 novembre 1989 pour voir la première brèche dans le mur de BERLIN et les prémices de l’effondrement du bloc soviétique, qui comme le mur commençait à s’effriter. La visite du mémorial du mur et du musée de la terreur sur la Bernauer Strasse, furent un autre moment éprouvant du séjour. Le musée de la terreur retraçait l’histoire de toute la période sombre de l’Allemagne Nazie. Beaucoup de photographies de personnages tristement célèbres illustraient cette période du passé que certains voudraient oublier, beaucoup d’affiches de propagande nazie, aussi. Beaucoup de photographies montraient aussi la souffrance de certaines minorités persécutées par le régime nazie. La chasse aux homosexuels et des prostituées dont on avait rasée les cheveux en étaient les exemples les plus abominables. La persécution des juifs aussi mais cela avait franchi largement les limites du territoire allemand. J’ai pris énormément de photographies dans ce musée car je veux constituer un album afin que personne n’oublie de telles horreurs et de telles abominations. Personne ne doit oublier cela. Non, personne ! A l’extérieur le mémorial du mur montrait, coté soviétique, les vestiges à moitié détruits des cellules qui avait été utilisées pour les interrogatoires et la torture des malheureux qui avaient tenté de passer à l’ouest et qui s’étaient fait prendre. Les prisons du KGB que j’avais vu à VILNIUS me revenaient en mémoire. Les cris des prisonniers qu’on torturait résonnaient encore dans mes oreilles. Tout cela me faisait froid dans le dos. Apres le déjeuner sous la coupole panoramique du REICHSTAG, nous avons pris la route pour POTSDAM. Bourgade de pêcheurs tout au long de la période médiévale, POTSDAM était devenu au fil de l’histoire, notamment sous le règne de Fréderic le Grand, la vitrine de la magnificence des Hohenzollern. Le temps était plutôt clément et la journée était enfin ensoleillée ce qui rendait le tour guidé de la ville très agréable. Nous avons traversé successivement la colonie russe « Alexandrowka », le quartier hollandais et la colonie des tisserands qui composaient en partie les différents quartiers de la ville. Les maisons avaient toutes beaucoup de charme même si leur architecture différait suivant les quartiers. J’avais vraiment l’impression de me promener dans la banlieue résidentielle de BERLIN. On sentait vraiment que POTSDAM était une ville calme ou il faisait bon vivre. La fin de la journée a été consacrée à la visite du Palais rococo et du jardin du sans-souci. Le palais portait bien son nom, tellement les murs et les plafonds des salles que nous avons visités étaient chargés de sculptures tarabiscotées couvertes de dorure. Le mobilier était du même acabit. On ne pouvait pas être insensible à une telle débauche d’ornements et d’enjolivures aussi tape à l’œil. Curieusement au fil de la visite je commençais peu à peu à y prendre goût. La décoration rococo atteignit son paroxysme à la fin de la visite quand nous sommes entrés dans une salle entièrement recouverte d’animaux en reliefs de tout genre. Un perroquet au plumage multicolore arcbouté sur son perchoir descendait du plafond. Sur un des murs, un échassier se reposait, en équilibre sur une patte, sur une jatte remplie de fruits. Sur un autre mur, un singe était accroupi sur une énorme coupe de fruits exotiques. Il paraissait vraiment nous observer d’un regard agressif. Des guirlandes de fleurs semblaient dégouliner du plafond alors qu’au centre de la pièce un énorme lustre, recouvert d’une multitude de roses blanches au travers desquelles se dressaient des bougies, semblait descendre du plafond. La visite du Jardin Sans-souci qui suivit fut très reposante après une telle débauche d’enluminures du pur style rococo. L’avant dernier jour du séjour fut consacré à la visite de DRESDE, la capitale de la SAXE. Notre hôtel était moins confortable qu’à BERLIN mais présentait d’autres avantages, comme une piscine et un sauna. Notre guide nous précisa que les coutumes germaniques étaient différentes des nôtres, notamment pour le sauna dans lequel il était obligatoire d’être totalement nu, en ajoutant qu’il était aussi toujours mixte. Cela découragea la plupart des gens de notre groupe peut habitués à la pratique du naturisme, contrairement aux allemands. Autrefois, DRESDE était à juste titre appelé la Florence du Nord. Les dégâts provoqués par les bombardements alliés de février 1945 ne pourront jamais être complètement effacés malgré la restauration minutieuse des plus grands monuments. La vieille ville a énormément de charme à cause de l’atmosphère culturelle qu’elle dégage. Le paysage idyllique de l’Elbe avec ses vastes espaces verts et ses somptueux châteaux a aussi participé à cet envoûtement indéfinissable que j’ai ressenti en arrivant dans cette ville. Le dernier jour consacré à la visite du parc et du château de PILLNITZ a été très décevant. Ce château, résidence d’été des rois de SAXE, est chargé d’histoire car c’est dans ce château que furent posées, du 24 au 27 Août 1791, les bases d’une coalition contre la France et que fut décidée la position des princes étrangers à propos de l’infortuné Louis XVI après sa fuite à Varenne. Malheureusement, à cause des dommages subits pendant les bombardements, ce château était désespérément vide de tout mobilier et aucune œuvre d’art n’y était présente. Seuls quelques panneaux synoptiques agrémentés de rares photographies donnaient un aperçu de l’intérieur du château tel qu’il avait été à l’époque de sa magnificence. En outre, l’édifice était en cours de restauration et bon nombres de salles étaient interdites d’accès aux visiteurs. C’était donc très décevant comparativement à ce que j’avais pu voir depuis notre arrivée à BERLIN. Apres le déjeuner dans une auberge typique de DRESDE, nous avons repris la route pour l’aéroport de BERLIN TEGEL. C’était la fin du voyage.
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